Il y a une chose que la plupart des articles sur « comment arrêter de procrastiner » ont en commun : ils vous vendent une solution simple à un problème qui, souvent, ne l’est pas.
Lisez les dix conseils. Faites votre to-do list la veille. Mangez la grenouille le matin. Utilisez la méthode Pomodoro. Découpez vos objectifs en micro-tâches.
Ces conseils ne sont pas faux. Mais ils passent à côté de quelque chose d’essentiel.
Soyons honnêtes d’abord
La procrastination n’est pas toujours de la paresse déguisée. Parfois, elle est le symptôme visible d’autre chose : une anxiété chronique, un trouble de
l’attention non diagnostiqué, une dépression qui s’installe discrètement, une peur panique de l’échec ou du jugement. Dans ces cas-là, aucune astuce de productivité ne réglera quoi que ce soit. Ce qu’il faut, c’est un professionnel de santé mentale. Et c’est parfaitement légitime de le reconnaître.
Si vous procrastinez sur tout, depuis des années, que cela touche toutes les sphères de votre vie, que vous ressentez une paralysie qui dépasse la simple mauvaise habitude, envisagez sérieusement d’en parler à un médecin ou à un psychologue. Ce n’est pas une faiblesse. C’est du discernement.
Cela dit, pour la grande majorité des situations — le projet que vous repoussez depuis trois semaines, l’investissement que vous n’avez pas encore initié, l’article que vous n’avez pas commencé, la conversation difficile que vous évitez, les obstacles sont réels mais franchissables. Ils sont de surface. Et ils appellent une réponse concrète, pas une réponse thérapeutique.
C’est de ceux-là dont nous allons parler.
Ce que la procrastination protège vraiment
Avant de parler de solutions, il faut nommer le mécanisme.
Vous ne procrastinez pas parce que vous êtes fainéant. Vous procrastinez parce que votre cerveau a identifié quelque chose de désagréable dans la tâche : l’inconfort de ne pas savoir par où commencer, la peur que le résultat soit décevant, le sentiment que la tâche est floue ou trop grande. Et il vous propose une sortie de secours : faire autre chose, maintenant, qui procure une satisfaction immédiate.
C’est une réponse rationnelle à un signal mal interprété.
Le problème, c’est que plus vous repoussez, plus la tâche grossit dans votre tête. Elle prend de la place, elle pèse, elle devient un bruit de fond permanent. Et ce poids mental est souvent bien plus épuisant que la tâche elle-même ne l’aurait été. C’est exactement ce mécanisme qui pousse la plupart des investisseurs débutants à remettre au lendemain leur premier placement, jusqu’à ce que l’inaction devienne elle-même une habitude.
Si vous vous reconnaissez dans ce schéma, vous n’êtes pas seul : nous l’avons détaillé dans notre article sur les 7 erreurs les plus fréquentes de l’investisseur débutant.
Le seul remède qui fonctionne vraiment pour arrêter de procrastiner
Voici ce que des années de littérature sur la productivité, de psychologie comportementale et d’observation empirique convergent à dire : il faut poser la première brique. Même si elle est imparfaite.
Pas y penser. Pas planifier d’y penser. Pas dresser la liste de ce que vous ferez quand vous y penserez. Poser la brique. Physiquement. Maintenant.
Cela semble trivial. Ça ne l’est pas.
La plupart des gens qui procrastinent ne manquent pas de motivation ou de méthode. Ils manquent du passage à l’acte initial. Ils vivent dans la projection , « je vais le faire », « je dois le faire », « ce serait bien de le faire », sans jamais traverser le seuil qui sépare l’intention de l’action. C’est une situation horrible, d’autant plus que cela peut durer des années…
Or ce seuil a une propriété remarquable : il est infiniment plus haut dans votre imagination que dans la réalité.
La tâche que vous repoussez depuis trois semaines ? Dans votre tête, elle est devenue un monstre. Dans les faits, les dix premières minutes suffiront souvent à désamorcer 80 % de l’angoisse que vous lui associiez.
Poser la brique : concrètement
Poser la première brique, ce n’est pas s’imaginer la poser. Ce n’est pas en parler à quelqu’un. Ce n’est pas créer un dossier vide intitulé « Projet v1 ». Ce n’est pas regarder des vidéos YouTube sur le sujet pour « se préparer ».
C’est faire une action microscopique, réelle, irréversible.
Vous voulez vous lancer en bourse ? Ouvrez le compte. Pas demain. Ce soir. Et si vous hésitez encore sur les premières actions à choisir, commencez par lire comment choisir une action en bourse : c’est exactement le type de premier pas concret dont on parle.
Vous voulez écrire ? Écrivez la première phrase. N’importe laquelle. Elle sera mauvaise. C’est exactement ce qu’il faut.
Vous voulez démarrer un business ? Rédigez les trois premières lignes de votre idée. Pas le business plan complet. Pas la levée de fonds. Trois lignes sur ce que vous voulez vendre et à qui. Notre article sur comment créer un business rentable avec moins de 1000€ est fait pour vous accompagner dans cette phase de démarrage, pas dans la phase de planification infinie.
L’action n’a pas besoin d’être bonne. Elle n’a pas besoin d’être complète. Elle a juste besoin d’exister.
Pourquoi ça marche?
Il existe un principe bien documenté en psychologie, parfois appelé effet Zeigarnik : les tâches incomplètes occupent davantage notre mémoire que les tâches non commencées ou terminées. Autrement dit, une fois que vous avez commencé, votre cerve
au se met à vouloir finir. L’élan s’auto-entretient. Et, c’est pourquoi c’est si dur de vouloir arrêter de procrastiner.
Ce que vous cherchez à provoquer, c’est ce passage du statut « tâche fantôme » au statut « tâche en cours ». C’est une bascule mentale, et elle ne peut se produire que par l’action, jamais par la réflexion.
C’est d’ailleurs le principe fondateur de la discipline : elle ne naît pas d’une motivation soudaine ou d’une illumination matinale. Elle se construit acte par acte, brique par brique, jusqu’à ce que l’action précède la motivation et non l’inverse.
Ce qu’il faut arrêter de faire pour arrêter de procrastiner
Quelques comportements donnent l’illusion d’avancer sans vous faire avancer d’un centimètre.
Idéaliser le projet est le premier piège. Passer des heures à imaginer le résultat parfait, à visualiser le succès, à raconter le projet à vos proches avant d’avoir posé une seule ligne, tout cela procure une satisfaction anticipatoire qui réduit votre motivation réelle à agir. Votre cerveau a déjà consommé une partie de la récompense sans avoir rien produit.
Attendre le bon moment est le deuxième piège. Le bon moment n’existe pas. Il n’existera pas davantage dans deux semaines. Les conditions seront différentes, pas meilleures. C’est ce qui explique en partie pourquoi 90 % des business en ligne échouent : non pas par manque de talent ou d’idées, mais par excès d’attente et déficit d’action au bon moment.
Sur-planifier est le troisième piège. Faire des tableaux, aller sur Notions, faire des mind-maps, des timelines détaillées peut être utile, mais devient souvent une forme de procrastination sophistiquée. La planification ne remplace pas l’exécution. Elle peut même la différer indéfiniment quand elle devient une fin en soi.
Chercher la méthode parfaite est le quatrième piège. Lire un quatrième article sur la procrastination, oui, celui-ci inclus, ne vous fera pas avancer. À un moment, l’information doit se transformer en mouvement.
Une question pour finir
Quelle est la tâche que vous repoussez en ce moment ? Pas celle que vous repoussez depuis dix ans. Celle de cette semaine. Celle à laquelle vous pensiez en lisant cet article.
Quelle est l’action la plus petite, la plus concrète, que vous pourriez accomplir dans les trente prochaines minutes pour poser la première brique ?
Pas demain. Pas après le déjeuner. Dans les trente prochaines minutes.
C’est là que tout commence. Pas dans la planification. Pas dans la motivation. Dans l’action elle-même. C’est comme ça qu’on arrêter de procrastiner, enfin.
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