Quand on parle des ETF Marchés émergents, on parle surtout de pays autres et du futur. Je me souviens d’un matin à Mumbai, en 2019. Je nageais dans la mer au lever du soleil, l’eau tiède, le ciel encore orange, et sur la plage derrière moi, une ville de 20 millions d’habitants qui commençait à s’éveiller.
Le bruit de klaxons, l’odeur de chai, les premières livraisons de scooters électriques qui remplaçaient silencieusement les vieilles motos pétaradantes. Je me suis dit : ce pays va changer la face du monde, et la plupart des investisseurs français ne le voient pas encore.
C’était il y a sept ans. Depuis, l’Inde est devenue la cinquième économie mondiale. Et elle accélère.
C’est exactement ça, les marchés émergents. Des pays en mouvement, des classes moyennes qui explosent, des infrastructures qui se construisent à une vitesse que l’Europe a oubliée. Taiwan fabrique les semi-conducteurs sur lesquels tourne l’IA mondiale. La Corée du Sud exporte ses batteries et ses smartphones aux quatre coins de la planète. Le Brésil regorge de matières premières que la transition énergétique va rendre indispensables.
Est-ce que c’est risqué ? Oui, clairement. Est-ce que ça peut décevoir à court terme ? Absolument. Mais quand je regarde où le monde va, les marchés émergents font partie de ma conviction long terme. Et un ETF est la façon la plus simple et la moins chère d’y accéder.
Voici le guide complet pour choisir le bon ETF marchés émergents.
Qu’est-ce que l’indice MSCI Emerging Markets ?
Quand on parle d’ETF marchés émergents, on parle dans 90 % des cas d’ETF qui répliquent l’indice MSCI Emerging Markets (MSCI EM). C’est l’indice de référence de la catégorie, géré par MSCI Inc. et suivi par les principales sociétés de gestion mondiales — Amundi, iShares, Xtrackers, Vanguard.
L’indice MSCI EM regroupe environ 1 200 entreprises réparties dans 24 pays émergents. Il est pondéré par capitalisation boursière : les plus grandes entreprises ont le plus de poids.
Répartition géographique
Voici comment se répartissent les principaux pays dans l’indice (données approximatives mi-2026) :
| Pays | Poids approximatif |
|---|---|
| Taiwan | ~24 % |
| Chine | ~23 % |
| Corée du Sud | ~11 % |
| Inde | ~18 % |
| Brésil | ~5 % |
| Arabie Saoudite | ~4 % |
| Afrique du Sud | ~3 % |
| Autres (Mexique, Thaïlande, Indonésie…) | ~12 % |
Ce tableau mérite quelques secondes de réflexion. Taiwan à 24 %, c’est massivement TSMC — le fabricant de semi-conducteurs le plus stratégique de la planète.
La Chine à 23 %, c’est des mastodontes que vous connaissez peut-être comme Alibaba, Tencent, Meituan — des géants qui ont subi une correction sévère depuis 2021 liée à la régulation, mais qui restent des acteurs majeurs. L’Inde à 18 % et en hausse constante — c’est peut-être la conviction la plus forte du moment.
À noter : l’indice évolue régulièrement. Le poids de la Chine a significativement baissé depuis 2020 (il culminait à ~40 %) au profit de l’Inde et de Taiwan. C’est une des forces d’un ETF indiciel : il s’ajuste automatiquement aux rééquilibrages sans que vous ayez à faire quoi que ce soit.
Répartition sectorielle
| Secteur | Poids approximatif |
|---|---|
| Technologie de l’information | ~24 % |
| Services financiers | ~19 % |
| Consommation discrétionnaire | ~13 % |
| Matériaux de base | ~9 % |
| Énergie | ~6 % |
| Consommation courante | ~6 % |
| Industrie | ~7 % |
| Santé | ~4 % |
| Autres | ~12 % |
Contrairement à l ETF Nasdaq 100 qui est quasi-exclusivement tech, le MSCI EM offre une exposition plus diversifiée — avec une belle part de secteurs liés aux ressources naturelles et à la finance, qui bénéficient directement de la croissance des classes moyennes émergentes. Pour en savoir plus sur les ETF selon les indices et les profils, consultez notre comparatif des meilleurs ETF.
Pourquoi investir dans un ETF marchés émergents ?
Diversification géographique hors marchés développés
La plupart des portefeuilles ETF des investisseurs français sont massivement exposés aux États-Unis. Un ETF MSCI World, c’est 70 % d’actions américaines. Un ETF S&P 500, c’est 100 % USA. C’est très bien — les États-Unis restent le marché le plus performant sur les 15 dernières années. Mais ce n’est pas garanti pour les 15 prochaines.
Ajouter un ETF marchés émergents, c’est parier sur une autre partie du monde. Sur des économies dont la croissance du PIB est structurellement plus élevée. Sur des pays dont la classe moyenne est en train d’exploser — l’Inde devrait ajouter 300 millions de personnes à sa classe moyenne d’ici 2030. Sur des marchés boursiers qui sont encore sous-représentés dans les portefeuilles occidentaux par rapport à leur poids économique réel.
Un portefeuille MSCI World + 20 % de marchés émergents, c’est ce que la plupart des allocations patrimoniales long terme recommandent. Pas pour surperformer à court terme — pour être raisonnablement exposé à l’ensemble de l’économie mondiale.
Potentiel de croissance à long terme
J’ai nagé dans des piscines à São Paulo, à Dubaï, à Jakarta. Chaque fois, la même impression : des pays qui construisent, qui consomment, qui innovent à une vitesse que nos économies matures ont perdu depuis longtemps. Ce que j’observe sur le terrain, les chiffres le confirment :
- L’Inde affiche une croissance du PIB de 6 à 7 % par an depuis 10 ans.
- L’Indonésie, avec ses 270 millions d’habitants, est une des économies les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. L’engouement à investir à Bali est un témoin de cette frénésie.
- L’Arabie Saoudite, la vision 2030, et une jeunesse qui consomme et investit comme jamais.
- Taiwan et la Corée du Sud restent les leaders mondiaux de la chaîne de valeur des semi-conducteurs et de l’électronique.
Sur très longue période (20-30 ans), les marchés émergents ont livré des performances comparables aux marchés développés — avec plus de volatilité. La question n’est pas si ces économies vont croître, mais quand cette croissance se reflétera durablement dans les cours boursiers.
Risques spécifiques à connaître
Investir dans les marchés émergents, c’est aussi accepter une série de risques que n’ont pas les ETF MSCI World ou S&P 500. Soyons directs.
Risque politique. La Chine peut réguler sévèrement ses entreprises du jour au lendemain — c’est ce qui s’est passé en 2021 avec les techs chinoises, qui ont perdu 60 à 80 % de leur valeur en quelques mois. La Russie était dans l’indice avant d’être exclue après l’invasion de l’Ukraine en 2022 — ses positions sont passées à zéro pour les ETF qui la détenaient. Le risque géopolitique est bien réel.
Risque de change. Les devises émergentes (roupie indienne, won coréen, réal brésilien) peuvent se déprécier fortement face à l’euro. Une bonne performance en monnaie locale peut se transformer en performance décevante en euros après conversion. C’est un risque structurel qu’on ne peut pas éviter avec un ETF standard non hedgé.
Risque de liquidité. Certains marchés émergents ont des volumes de transactions plus faibles, des spreads bid-ask plus larges, et une moins bonne accessibilité pour les investisseurs étrangers. Les ETF gèrent ce problème, mais ça peut se traduire par une légère tracking error en période de stress de marché.
Volatilité élevée. Le MSCI EM a connu des drawdowns (baisses depuis un sommet) de -65 % lors de la crise de 2008, de -35 % lors de la crise COVID de 2020, et des phases de sous-performance prolongée face aux marchés développés (2011-2016, 2021-2023 notamment). Ce n’est pas un placement pour les impatients.
La règle de base : les marchés émergents ne doivent représenter qu’une partie complémentaire de votre portefeuille, jamais la totalité. Et sur un horizon minimum de 7 à 10 ans.
Les meilleurs ETF marchés émergents en 2026
Tableau comparatif des ETF marchés émergents
| Nom | ISIN | TER | Encours | PEA | Réplication | Dividendes |
|---|---|---|---|---|---|---|
| iShares Core MSCI EM IMI UCITS ETF | IE00BKM4GZ66 | 0,18 % | ~20 Mds € | Non | Physique | Capitalisant |
| Amundi MSCI Emerging Markets UCITS ETF | LU1681045370 | 0,20 % | ~3 Mds € | Non | Synthétique | Capitalisant |
| Xtrackers MSCI Emerging Markets Swap UCITS ETF | LU0292107645 | 0,20 % | ~5 Mds € | Non | Synthétique | Capitalisant |
| Vanguard FTSE Emerging Markets UCITS ETF | IE00B3VVMM84 | 0,22 % | ~4 Mds € | Non | Physique | Distribuant |
| Amundi PEA Emergent MSCI ETF | FR0013412020 | 0,55 % | ~400 M€ | Oui | Synthétique | Capitalisant |
Données approximatives au 1er semestre 2026. TER = Total Expense Ratio, frais annuels de gestion. Vérifiez sur JustETF ou le site de l’émetteur avant d’investir.
Le meilleur ETF selon la performance 1 an
Sur des horizons courts, les performances entre ETF répliquant le même indice sont très proches — les différences viennent essentiellement du TER et de la qualité de réplication. Sur 1 an glissant, l’iShares Core MSCI EM IMI (IE00BKM4GZ66) se distingue régulièrement grâce à sa très faible tracking error et à ses frais parmi les plus bas de la catégorie (0,18 %).
À noter : le « IMI » dans le nom de l’iShares signifie Investable Market Index — il inclut non seulement les grandes capitalisations mais aussi les moyennes et petites capitalisations des marchés émergents, soit environ 2 700 entreprises contre 1 200 pour le MSCI EM standard. C’est une diversification supplémentaire intéressante.
Le plus grand ETF marchés émergents par encours
iShares Core MSCI EM IMI UCITS ETF (IE00BKM4GZ66) domine largement la catégorie avec environ 20 milliards d’euros d’encours. Un encours élevé, c’est une garantie de liquidité quotidienne, des spreads bid-ask très serrés et une sécurité opérationnelle maximale. Sur un placement long terme, c’est rassurant d’investir dans le fonds le plus utilisé de la catégorie.
L’ETF marchés émergents le moins cher par TER
iShares Core MSCI EM IMI remporte aussi ce titre à 0,18 % — le moins cher de la catégorie. Viennent ensuite Amundi et Xtrackers à 0,20 %, puis Vanguard à 0,22 %.
L’exception est l’Amundi PEA Emergent à 0,55 % — nettement plus cher, mais c’est le prix à payer pour l’éligibilité PEA, qui compense largement ce surcoût grâce à l’avantage fiscal (voir section suivante).
Mon verdict : pour un CTO, l’iShares Core MSCI EM IMI (IE00BKM4GZ66) est difficile à battre — le plus grand, le moins cher, avec une réplication physique large. Pour un PEA, l’Amundi FR0013412020 est votre seule option sérieuse.
ETF marchés émergents éligibles PEA
Pourquoi l’éligibilité PEA est clé pour les investisseurs français
Si vous êtes résident fiscal français, le PEA reste votre meilleure arme fiscale. Après 5 ans de détention, vos gains ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux (17,5 %) — l’impôt sur le revenu de 12,8 % est exonéré. Sur une plus-value de 20 000 €, c’est 2 560 € économisés d’un coup.
Exemple concret : vous investissez 5 000 € dans un ETF marchés émergents sur 12 ans. Votre capital atteint 11 000 €, soit 6 000 € de plus-value.
- En PEA (après 5 ans) : 6 000 € × 17,5 % = 1 050 € d’impôts. Il vous reste 9 950 €.
- En CTO : 6 000 € × 30 % = 1 800 € d’impôts. Il vous reste 9 200 €.
- Différence : 750 € dans votre poche, simplement grâce au bon choix d’enveloppe.
Si vous ne connaissez pas encore le PEA, consultez notre guide complet sur le PEA avant d’aller plus loin.
ETF PEA disponibles
Le choix est limité, et c’est normal : les marchés émergents sont composés à 100 % d’entreprises hors zone européenne. Un ETF à réplication physique ne peut donc pas être éligible PEA. Seuls les ETF synthétiques (réplication par swap) peuvent l’être.
L’ETF à connaître absolument : Amundi PEA Emergent MSCI ETF (FR0013412020).
- ISIN : FR0013412020
- TER : 0,55 %
- Encours : environ 400 millions d’euros
- Réplication : synthétique (swap) — obligatoire pour l’éligibilité PEA
- Dividendes : capitalisants
- Devise de cotation : EUR
L’encours de 400 millions peut sembler modeste comparé aux géants comme l’iShares, mais il est suffisant pour garantir une liquidité correcte au quotidien. Le TER à 0,55 % est élevé — mais encore une fois, la fiscalité PEA compense largement sur le long terme.
ETF à réplication physique vs synthétique
C’est une question qui revient souvent, et elle est légitime. Voici la différence concrète.
Réplication physique
L’ETF achète directement les actions des entreprises de l’indice — TSMC, Samsung, Infosys, Alibaba, etc. Vous êtes propriétaire « en direct » des titres, via le fonds.
Avantages : transparence totale sur ce que vous détenez, pas de risque de contrepartie sur un swap, dividendes versés directement par les entreprises.
Inconvénient : certains marchés émergents ont des contraintes d’accès (Chine A-shares, certains marchés du Golfe) qui compliquent la réplication complète. L’iShares Core MSCI EM IMI utilise une réplication physique optimisée — il achète un sous-ensemble représentatif des titres, pas forcément les 2 700 en totalité.
ETF concernés : iShares Core MSCI EM IMI (IE00BKM4GZ66), Vanguard FTSE Emerging Markets (IE00B3VVMM84).
Réplication synthétique (swap)
L’ETF conclut un contrat avec une banque (contrepartie) qui s’engage à livrer la performance de l’indice. L’ETF ne détient pas directement les actions émergentes — il détient un panier de titres collatéraux (souvent des actions européennes) et échange leur performance contre celle de l’indice.
Avantages : permet l’éligibilité PEA (ce qui est impossible en physique pour des actifs hors zone européenne), tracking error souvent plus faible, accès à des marchés difficiles à répliquer physiquement.
Inconvénient : risque de contrepartie — si la banque avec laquelle l’ETF a conclu le swap fait défaut, il peut y avoir un problème. Ce risque est réglementé et plafonné à 10 % de l’actif net du fonds selon la directive UCITS, mais il existe.
ETF concernés : Amundi MSCI Emerging Markets (LU1681045370), Xtrackers Emerging Markets Swap (LU0292107645), Amundi PEA Emergent MSCI (FR0013412020).
Laquelle choisir ?
- Pour un CTO : je préfère la réplication physique — plus de – transparence, pas de risque de contrepartie. L’iShares IMI est mon choix de référence.
- Pour un PEA : pas le choix, c’est synthétique ou rien. L’Amundi FR0013412020 est la seule option crédible.
La réplication synthétique n’est pas dangereuse en pratique — des géants comme Amundi gèrent des centaines de milliards d’euros via cette méthode. Mais il est utile de comprendre ce qu’on achète.
Comment investir dans un ETF marchés émergents ?
Choisir son courtier
Le choix du courtier dépend de votre enveloppe et de vos habitudes.
Pour un PEA :
- Trade Republic : l’Amundi PEA Emergent (FR0013412020) est disponible, frais à 1 € par ordre ou 0 € via plan d’épargne programmé mensuel. Interface mobile, simple, idéale pour un DCA automatisé. Mon avis complet sur Trade Republic.

- Fortuneo : PEA solide, IFU fourni automatiquement au fisc, service client francophone. Premier ordre gratuit jusqu’à 500 €. Un classique sans mauvaise surprise.
- Boursorama : bonne interface, compétitif sur les petits montants, pratique si vous consolidez banque et investissement.
Pour un CTO (accès à l’iShares IE00BKM4GZ66 ou au Xtrackers) :
- DEGIRO : frais parmi les plus bas du marché, accès aux ETF européens et à la plupart des marchés. La référence pour minimiser les coûts.
- Saxo Banque : interface pro, pour des portefeuilles plus conséquents qui méritent une plateforme complète.
Pour un tour d’horizon complet : notre guide sur les meilleurs ETF.
Stratégie DCA sur les marchés émergents
Les marchés émergents sont particulièrement adaptés à une stratégie DCA — et c’est peut-être la seule façon raisonnable de les aborder si vous n’avez pas une conviction géopolitique très précise sur le timing.
Pourquoi ? Parce que ces marchés sont connus pour leurs phases de correction brutale suivies de rebonds tout aussi violents. Personne ne sait quand l’Inde va décrocher ou quand la Chine va reprendre. En investissant un montant fixe chaque mois, vous lissez automatiquement votre prix d’entrée à travers les cycles.
Exemple concret : supposons que vous investissez 100 € par mois dans l’Amundi PEA Emergent depuis janvier 2022. L’indice a plongé de 25 % sur 2022 — vous avez acheté des parts à prix soldé. En 2023-2024, il a rebondi — vos parts achetées au creux ont valorisé davantage. Au total, votre prix moyen d’acquisition est meilleur que quelqu’un qui aurait tout mis en une fois au sommet de 2021. Et vous n’avez rien eu à faire — juste un virement automatique mensuel.
Sur Trade Republic ou Fortuneo, ce plan d’épargne programmé se configure en moins de deux minutes. C’est la configuration idéale pour les marchés émergents. Pour aller plus loin : notre guide pour investir dans les ETF pas à pas.
Quelle part allouer dans son portefeuille ?
C’est la question que tout le monde se pose. Il n’y a pas de réponse universelle, mais il existe un consensus dans la gestion patrimoniale long terme.
La règle 80/20 : 80 % de votre allocation actions dans un ETF MSCI World (marchés développés), 20 % dans un ETF marchés émergents. C’est simple, cohérent, et cela reflète à peu près le poids des marchés émergents dans la capitalisation boursière mondiale.
Exemple d’allocation :
- 500 € investis chaque mois
- 400 € → ETF MSCI World (ex : Amundi MSCI World PEA)
- 100 € → ETF marchés émergents (ex : Amundi PEA Emergent FR0013412020)
C’est ce que je pratique personnellement dans la partie passive de mon portefeuille. Pas pour faire du stock-picking sur l’Inde ou parier sur un rebond chinois — mais parce que je suis convaincu que ne pas être exposé aux marchés émergents sur 20 ans, c’est ignorer la moitié de la croissance économique mondiale.
Pour construire un portefeuille ETF cohérent autour de cette base, lisez notre guide sur les meilleurs ETF World pour débuter.
Quelle exposition maximale sur les marchés émergents ? En dehors du 20 % de base, certains investisseurs avec une forte conviction régionale montent jusqu’à 30 ou 35 %. Au-delà, vous introduisez un biais géographique trop important pour un portefeuille équilibré. Les marchés émergents ne sont pas un remplacement des marchés développés — ils en sont le complément.
ETF marchés émergents vs ETF MSCI World vs ETF S&P 500
Le tableau de comparaison que tout investisseur sérieux devrait avoir sous la main.
| Critère | ETF Marchés émergents | ETF MSCI World | ETF S&P 500 |
|---|---|---|---|
| Nb d’entreprises | ~1 200–2 700 | ~1 500 | 500 |
| Exposition géographique | 24 pays émergents | 23 pays développés | USA uniquement |
| Exposition USA | 0 % | ~70 % | 100 % |
| Performance 10 ans (ann.) | ~5–7 % | ~12 % | ~13 % |
| Volatilité | Très élevée | Modérée | Élevée |
| Drawdown max (2008) | -65 % | -54 % | -55 % |
| TER moyen | 0,18–0,55 % | 0,12–0,20 % | 0,07–0,15 % |
| ETF PEA disponible | Oui (Amundi FR0013412020) | Oui (plusieurs) | Oui (plusieurs) |
| Pour quel profil | Complément diversifiant | Base de portefeuille | Conviction US |
| Corrélation avec S&P 500 | Modérée (~0,65) | Élevée (~0,90) | — |
Le chiffre qui saute aux yeux : la performance 10 ans des marchés émergents (~5-7 % par an) est en retrait par rapport aux marchés développés (~12-13 %). C’est un fait. La décennie 2013-2023 a été difficile pour les émergents, plombés notamment par la Chine et la force du dollar.
Mais il y a deux raisons pour lesquelles je maintiens quand même mon exposition :
1. La corrélation plus faible. Les marchés émergents ont une corrélation d’environ 0,65 avec le S&P 500 — contre 0,90 pour le MSCI World. En pratique, ça signifie qu’ils ne bougent pas toujours dans le même sens. Quand les États-Unis toussent, l’Inde ou le Brésil ne font pas forcément la même chose. Cette décorrélation partielle réduit le risque global du portefeuille.
2. Le monde change. Oui, je sais, ça ressemble à un cliché. Mais quand je nage le matin à Bali, à Chennai ou à Medellín, je vois des villes qui construisent des métros, des universités qui forment des ingénieurs, des entrepreneurs qui lancent des startups. La décennie 2023-2033 ne ressemblera pas à la précédente. L’Inde seule pourrait devenir la troisième économie mondiale avant 2030. Ce potentiel ne se reflète pas encore pleinement dans les cours.
Pour la comparaison détaillée MSCI World vs S&P 500, consultez notre guide ETF S&P 500 et notre comparatif des meilleurs ETF World.
FAQ — Questions fréquentes sur les ETF marchés émergents
Quel ETF marchés émergents choisir en 2026 ?
Ça dépend de votre enveloppe. Pour un PEA : l’Amundi PEA Emergent MSCI (FR0013412020) est le seul choix vraiment disponible — encours suffisant, capitalisant, éligible PEA. Pour un CTO : l’iShares Core MSCI EM IMI (IE00BKM4GZ66) est ma recommandation principale — le plus grand, le moins cher (0,18 % de TER), réplication physique sur ~2 700 entreprises. Le Xtrackers (LU0292107645) est une bonne alternative synthétique à 0,20 %.
L’ETF marchés émergents est-il éligible PEA ?
Oui, mais uniquement les ETF à réplication synthétique. L’Amundi PEA Emergent MSCI ETF (FR0013412020) est l’ETF éligible PEA de référence dans cette catégorie. Les ETF à réplication physique comme l’iShares ne peuvent pas être éligibles PEA puisqu’ils détiennent directement des actions d’entreprises hors zone européenne.
Amundi ou iShares pour les marchés émergents ?
Pour un PEA : Amundi sans discussion — c’est le seul qui soit éligible. Pour un CTO : iShares (IE00BKM4GZ66) est mon choix de référence pour sa taille, sa liquidité et son TER à 0,18 %. L’Amundi MSCI EM (LU1681045370) à 0,20 % est une excellente alternative synthétique si vous préférez les produits Amundi.
Quelle part des marchés émergents dans mon portefeuille ?
La règle 80/20 est un bon point de départ : 80 % en ETF MSCI World (marchés développés) et 20 % en ETF marchés émergents. Cela reflète à peu près le poids économique des émergents dans la capitalisation mondiale, tout en maintenant une base solide sur les marchés développés. Ne dépassez pas 30-35 % d’exposition aux émergents sauf conviction géographique très forte et horizon d’investissement très long.
Les marchés émergents sont-ils risqués ?
Oui, plus que les marchés développés. Trois risques principaux : le risque politique (régulation, instabilité, géopolitique), le risque de change (dépréciation des devises émergentes face à l’euro), et la volatilité élevée de l’indice (drawdowns de 30 à 65 % lors des grandes crises). Ce sont des placements pour un horizon minimum de 7 à 10 ans, avec une tolérance au risque claire.
La Chine est-elle toujours dans l’indice MSCI Emerging Markets ?
Oui. La Chine représente encore environ 23 % de l’indice MSCI EM en 2026, bien qu’en baisse par rapport au pic de ~40 % en 2020. Les principales valeurs chinoises restent Alibaba, Tencent, Meituan et JD.com. Le poids a diminué à cause des restrictions réglementaires chinoises et de la sous-performance relative des marchés boursiers chinois depuis 2021. Certains investisseurs préfèrent des ETF MSCI EM ex-China pour s’exposer aux émergents sans la composante chinoise — ces produits existent mais restent moins accessibles et plus chers.
ETF marchés émergents ou actions émergentes en direct ?
Choisir des actions individuelles en Inde, en Corée ou au Brésil demande une expertise et un accès aux marchés locaux que peu d’investisseurs particuliers possèdent — sans parler des frais de courtage et des complications fiscales. Pour 99 % des investisseurs, un ETF est largement supérieur : diversification sur 1 000+ entreprises, frais annuels inférieurs à 0,55 %, aucune gestion active. Pour ceux qui veulent quand même sélectionner des actions individuelles, notre guide pour choisir une action en bourse est un bon point de départ.
MSCI Emerging Markets vs FTSE Emerging Markets : quelle différence ?
MSCI et FTSE sont deux fournisseurs d’indices concurrents. La différence principale : FTSE classe la Corée du Sud comme un marché développé (et ne l’inclut donc pas dans son indice émergent), tandis que MSCI la considère comme émergente. Conséquence : un ETF sur le FTSE Emerging Markets (comme le Vanguard) n’inclut pas Samsung, SK Hynix ou Hyundai. C’est une différence significative — la Corée pèse environ 11 % du MSCI EM. Pour un investisseur français, MSCI est l’indice de référence standard.
Peut-on combiner ETF marchés émergents et ETF MSCI World ?
Oui, c’est même la combinaison recommandée. Le MSCI World couvre 23 pays développés mais n’inclut aucun pays émergent. Ajouter un ETF marchés émergents complète naturellement la couverture géographique. La combinaison 80 % MSCI World + 20 % marchés émergents est souvent appelée « portefeuille monde complet » — elle approche la répartition de la capitalisation boursière mondiale. Pour construire ce portefeuille, lisez notre guide sur les meilleurs ETF World pour débuter.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Tout investissement en bourse comporte un risque de perte en capital.








