Avis Altaroc : que vaut ce FPCI réservé aux gros patrimoines ?

avis altaroc private equity
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Altaroc s’est taillé une réputation particulière sur le marché du Private Equity français : celle du « Private Equity pour ceux qui ont déjà un patrimoine, mais pas encore accès à une banque privée traditionnelle ».

Avec un ticket d’entrée à 100 000 €, ce n’est clairement pas une plateforme pour tous les profils. Reste à savoir si elle tient ses promesses pour ceux qui rentrent dans ce critère.

Altaroc, en bref

Altaroc Partners a été fondée en 2021 par Frédéric Stolar, ancien co-fondateur de Sagard, et Maurice Tchenio, figure historique du Private Equity français avec plusieurs décennies d’expérience dans le secteur. L’idée fondatrice : reproduire, pour des particuliers fortunés, l’accès institutionnel aux plus grands fonds mondiaux de Private Equity — ceux normalement réservés aux fonds de pension et aux family offices avec des tickets de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Bannière marketing en français présentant une stratégie d’allocation annuelle de portefeuilles diversifiés de Private Equity mondial et ses avantages clés dans un encadré.

La société a connu une croissance rapide : plus de 2 milliards d’euros collectés en quatre ans, une implantation étendue en Suisse, au Benelux, en Allemagne et en Italie, et plus de 2 000 nouveaux investisseurs sur la seule année 2025. C’est aujourd’hui l’un des acteurs les plus visibles du Private Equity patrimonial en France.

Le produit phare : la gamme Odyssey

Le principe

Odyssey est un FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) millésimé. Chaque année depuis 2021, Altaroc lance un nouveau véhicule (Odyssey 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026), avec sa propre sélection de gérants. Chaque millésime fonctionne comme un fonds de fonds : environ 80 % du capital est alloué à cinq à sept fonds internationaux de premier plan (KKR, Advent International, General Atlantic, Vista Equity Partners, Insight Partners, Nordic Capital figurent parmi les noms déjà sélectionnés sur différents millésimes), et les 20 % restants servent à des co-investissements directs aux côtés de ces mêmes gérants.

La taille minimale de chaque millésime est de 100 millions d’euros, certains dépassant largement ce seuil (465 millions d’euros pour Odyssey 2022, par exemple). Le fonds a une durée de vie de dix ans.

Horizontal list of investment cards: 'Altaroc Odyssey 2025', '300M€ levés', 'FPCI', with a 'Découvrir le Millésime' button
Screenshot

Ticket d’entrée et appels de fonds

L’engagement minimum est de 100 000 €. Mais — et c’est un point important que beaucoup d’investisseurs découvrent après coup — ce montant n’est pas décaissé en une fois. Les appels de fonds sont progressifs : environ 20 % de l’engagement par an pendant cinq ans, en deux tranches de 10 % (une au printemps, une à l’automne). Pour un engagement de 100 000 €, vous versez donc environ 20 000 € la première année, pas l’intégralité d’un coup.

Frais

Les frais de gestion sont dégressifs selon le montant investi, dans une fourchette qui va de 2,5 % à 1,65 % par an selon les millésimes et les sources consultées (certains documents plus récents mentionnent un plancher à 1,5 %). S’ajoute un carried interest de 20 % sur la partie co-investissement, au-delà d’un seuil de performance prédéfini.

Souscrire directement chez Altaroc peut entraîner des droits d’entrée allant jusqu’à 5 %. Pour les réduire, il est possible de passer par un intermédiaire : Ramify, par exemple, donne accès à certains millésimes Altaroc avec des frais d’entrée allégés par rapport à une souscription directe.

La performance visée

Banner showcasing Odysseus-themed range: 'Les Millésimes de la gamme Odyssey. Des portefeuilles construits autour de convictions fortes' with two dark infographic panels below showing investment breakdowns
Screenshot

Le millésime Odyssey 2025 cible un TRI net de 13 % par an, pour un multiple visé de 1,7x sur le capital investi sur la durée de vie totale du fonds. Ce chiffre s’appuie sur la performance historique des gérants sélectionnés, dont les fonds respectifs affichent des TRI nets moyens autour de 25 % sur leurs opérations passées. Pour donner un point de repère externe : le rapport 2024 de France Invest indique un TRI moyen de 14,8 % sur dix ans pour le capital-transmission (buyout) en France, et de 10,5 % pour le growth capital.

Répétons-le, parce que c’est essentiel : ces chiffres sont des objectifs de gestion, non garantis et non contractuels. Les performances passées d’un gérant ne préjugent jamais de ses performances futures sur un nouveau millésime.

Ce que disent les avis Altaroc

Les avis Altaroc, qu’ils viennent de conseillers en gestion de patrimoine ou de la presse spécialisée, soulignent régulièrement la continuité de l’équipe de gestion : plusieurs gérants sélectionnés dans les premiers millésimes (Insight Partners dès Odyssey 2021, par exemple) reviennent dans les millésimes suivants, ce qui témoigne d’une relation de confiance établie plutôt que d’un simple effet d’opportunité. L’alignement d’intérêts est aussi un point régulièrement cité positivement : les fondateurs investissent en propre 33 millions d’euros dans chaque millésime depuis 2021.

Sur le plan de l’expérience client, la souscription est décrite comme simple et entièrement digitale, avec un reporting trimestriel détaillé sur la valorisation et l’actualité des sociétés du portefeuille.

Les points forts

L’accès à des gérants de premier quartile mondial (KKR, Advent, General Atlantic) normalement hors de portée d’un particulier, même fortuné, reste l’argument central d’Altaroc. Le mécanisme d’appels de fonds progressifs limite l’impact de trésorerie par rapport à un versement intégral immédiat. L’alignement d’intérêts des fondateurs, qui investissent eux-mêmes des sommes significatives dans chaque millésime, est un signal de confiance rare dans l’industrie. Et la continuité dans la sélection des gérants d’un millésime à l’autre traduit une vraie discipline d’investissement plutôt qu’une logique d’opportunisme commercial.

Les limites à connaître

Le ticket d’entrée à 100 000 € exclut mécaniquement la grande majorité des épargnants français — ce n’est pas un produit de démocratisation du Private Equity, malgré le discours marketing qui emploie parfois ce mot. La structure en fonds de fonds génère un empilement de frais : ceux d’Altaroc s’ajoutent à ceux déjà prélevés par les fonds sous-jacents (KKR, Advent, etc.), ce qu’il faut accepter en toute connaissance de cause. Enfin, la liquidité est quasiment nulle avant la fin de vie du fonds : contrairement à Moonfare, Altaroc ne propose pas de marché secondaire organisé pour sortir avant terme.

Notre avis Altaroc en définitive

Altaroc tient sa promesse pour le profil auquel elle s’adresse : un investisseur déjà installé patrimonialement, qui dispose d’au moins 100 000 € à allouer sur dix ans sans en avoir besoin, et qui cherche un accès de conviction à des gérants de tout premier plan plutôt qu’une large diversification entre dizaines de fonds.

La mécanique d’appels de fonds progressifs et l’alignement d’intérêts des fondateurs sont deux points rassurants, rares dans l’industrie.

Si votre capital est inférieur à 100 000 €, ou si vous cherchez à diversifier sur un plus grand nombre de fonds plutôt que de concentrer votre exposition sur cinq à sept gérants, Ramify reste l’option la plus accessible.

Si vous remplissez les critères d’investisseur professionnel MiFID et cherchez un catalogue plus large avec une option de sortie anticipée, Moonfare constitue l’alternative la plus proche.

Pour revoir les bases fiscales et les véhicules d’investissement du Private Equity avant de vous décider, notre guide complet sur le Private Equity en France reste la lecture de référence.


Cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Le Private Equity comporte un risque de perte en capital et une liquidité très limitée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Victor Petrucci Investisseur
Victor Pettrucci est le fondateur du média Le Nouvel Investisseur. Passionné par la finance personnelle, l’investissement et les revenus passifs, il partage depuis plusieurs années ses réflexions sur l’indépendance financière, les marchés et les nouvelles formes d’économie numérique.
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