Comment faire du Private Equity en France ? Le Guide Essentiel

Découvrez notre guide essentiel sur le private equity en France et explorez comment accéder à cette classe d’actifs performante et lucrative.
Businessman stands on steps before a map of France with a large key and rising bar chart, for a Private Equity France guide.
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Le private equity en France représente l’une des classes d’actifs les plus performantes de la dernière décennie et pourtant, la plupart des investisseurs particuliers n’y ont jamais accès.

Le marché du private equity en France a atteint plus de 40 milliards d’euros de capitaux levés en 2022, selon France Invest, ce qui en fait l’un des marchés les plus dynamiques d’Europe.

Si vous cherchez à comprendre comment fonctionne le private equity en France, qui peut y investir, et si c’est fait pour vous, ce guide vous donne une vue complète et honnête.

Qu’est-ce que le Private Equity ?

Le private equity (ou capital-investissement en français) désigne l’investissement dans des entreprises non cotées en bourse. Contrairement aux actions que vous achetez sur le marché boursier — le share market — le private equity implique de prendre une participation directe dans une société privée.

L’idée centrale est très simple : un fonds lève des capitaux auprès d’investisseurs, acquiert des participations dans des entreprises, les développe sur plusieurs années, puis revend ces participations pour dégager une plus-value.

Les quatre grandes catégories du private equity

TypeStade d’interventionObjectif principalDurée typique
Capital-risque (Venture Capital)Startups et jeunes poussesFinancer la croissance initiale5 à 10 ans
Capital-développementEntreprises en croissanceAccélérer l’expansion3 à 7 ans
LBO (Leveraged Buyout)Entreprises maturesRachat avec effet de levier4 à 7 ans
Capital-retournementEntreprises en difficultéRestructuration et redressement2 à 5 ans

Chaque catégorie correspond à un niveau de risque et un profil de rendement différents. Le capital-risque est le plus risqué mais potentiellement le plus rémunérateur. Le LBO est plus structuré et souvent plus prévisible.

Comment Fonctionne le Private Equity en France ?

Le fonctionnement du private equity en France suit un cycle bien défini, généralement appelé le « cycle de vie du fonds ».

Phase 1 : La levée de fonds

Un gestionnaire de fonds (le General Partner, ou GP) lève des capitaux auprès d’investisseurs institutionnels et, dans certains cas, de particuliers fortunés. Ces investisseurs s’appellent les Limited Partners (LP).

En France, les principaux LP sont les caisses de retraite, les compagnies d’assurance, les fonds souverains et les family offices.

Phase 2 : La période d’investissement

Le fonds déploie progressivement les capitaux levés sur une période de trois à cinq ans. Les équipes d’investissement analysent des centaines de dossiers pour sélectionner les meilleures opportunités. En private equity France, les secteurs technologique, industriel et de la santé sont particulièrement prisés.

Phase 3 : La gestion et la création de valeur

C’est ici que le travail réel commence. Les fonds de private equity ne se contentent pas d’apporter des capitaux — ils accompagnent activement les dirigeants, restructurent les opérations, développent les équipes commerciales et parfois procèdent à des acquisitions complémentaires.

Phase 4 : La sortie (exit)

Après quatre à sept ans en moyenne, le fonds cherche à revendre sa participation. C’est la partie qu’on recherche tous. Les principales voies de sortie en France sont :

  • Introduction en bourse (IPO) : La société entre sur Euronext Paris
  • Cession industrielle : Vente à un autre groupe industriel
  • Cession à un autre fonds : Vente à un autre fonds de private equity (secondary buyout)
  • Rachat par les dirigeants : Les managers rachètent la participation du fonds

À retenir : Le rendement moyen des fonds de private equity en France sur dix ans dépasse régulièrement 12 % par an net, selon les données de France Invest — soit une performance nettement supérieure aux marchés actions cotés sur la même période.

Le Marché du Private Equity en France : Vue d’Ensemble

Le private equity en France est le deuxième marché européen après le Royaume-Uni. Voici quelques chiffres clés qui illustrent son importance :

  • 42 milliards d’euros de capitaux levés en 2022 (France Invest)
  • Plus de 2 400 entreprises financées chaque année par des fonds de private equity en France
  • Plus de 700 000 salariés travaillent dans des entreprises soutenues par le private equity en France
  • Le secteur représente environ 3 % du PIB français
Graphique montrant la croissance du marché du private equity en France de 2015 à 2023, avec les montants levés par année

Le marché du private equity en France bénéficie d’un écosystème favorable : un tissu dense de PME et ETI familiales, une tradition d’ingénieurs et d’entrepreneurs, et un cadre réglementaire relativement stable.

La France est aussi le premier marché européen pour le capital-risque destiné aux startups de la French Tech.

Où faire du Private Equity en France ?

Il y a encore cinq ans, investir en Private Equity supposait de connaître un banquier privé ou de disposer d’un patrimoine à sept chiffres. Ce verrou a sauté. Trois plateformes se distinguent aujourd’hui sur le marché français, chacune avec un positionnement différent selon votre ticket de départ et votre niveau d’implication souhaité.

1. Ramify : l’option la plus accessible

ramify plateforme equity

Ramify est la plateforme la plus généraliste pour entrer en Private Equity en France. Elle donne accès à un catalogue de plus de 50 fonds (Tikehau Capital, Eurazeo, Altaroc, Rothschild & Co, entre autres), avec un ticket d’entrée qui démarre à 1 000 € sur les fonds fiscaux (FCPI, FIP) et à 10 000 € sur les fonds de performance institutionnelle.

Son principal atout : 0 % de frais d’entrée sur l’ensemble des fonds, ce qui reste rare sur ce type de support. L’investissement est possible en direct, via une assurance-vie, ou via un PER, avec un conseiller dédié pour orienter le choix des fonds selon votre profil. C’est l’option à privilégier si vous découvrez le Private Equity et que vous voulez tester la classe d’actif sans immobiliser un capital trop important.

—> Lire notre Avis Ramify pour savoir comment investir sur la plateforme.

2. Altaroc : le modèle d’agrégation pour les gros tickets ( <100 k)

altaroc plateforme d'investissement

Altaroc fonctionne sur un principe différent : agréger les tickets de plusieurs particuliers pour leur donner accès à des fonds mondiaux normalement réservés aux institutionnels (KKR, Advent International, General Atlantic, Vista Equity Partners). Le ticket d’entrée est nettement plus élevé, autour de 100 000 €, ce qui positionne clairement la plateforme sur une clientèle patrimoniale.

En contrepartie, vous accédez aux mêmes véhicules que les grands fonds de pension internationaux, avec une sélection resserrée sur le haut du marché (capital-transmission, buyout). C’est une option pertinente si vous disposez déjà d’un patrimoine financier conséquent et que vous cherchez une exposition de qualité institutionnelle plutôt qu’un large choix de fonds.

Vous pouvez lire notre avis sur Altaroc pour investir en Private Equity.

3. Moonfare : l’accès aux méga-fonds internationaux

Moonfare, plateforme d’origine allemande désormais bien implantée en France, applique une logique proche d’Altaroc mais avec un ticket d’entrée légèrement inférieur, à partir de 50 000 €. Elle donne accès à des fonds gérés par des poids lourds du secteur (KKR, EQT, Apax Partners, Permira) et propose également des fonds evergreen, plus liquides que les véhicules fermés traditionnels.

C’est une alternative à considérer si le ticket d’entrée d’Altaroc reste hors de portée, tout en visant le même type de gérants internationaux de premier plan.

Comment choisir entre les trois ?

Le critère décisif est avant tout votre capital disponible. Avec moins de 50 000 €, Ramify reste la seule option réaliste pour diversifier sur plusieurs fonds. Entre 50 000 € et 100 000 €, Moonfare ouvre la porte aux méga-fonds internationaux. Au-delà de 100 000 €, Altaroc et Moonfare deviennent comparables, le choix se faisant alors sur la sélection de fonds proposée à un instant donné.

Quelle que soit la plateforme retenue, gardez en tête la règle de base du Private Equity : capital bloqué pendant 8 à 10 ans en moyenne, risque de perte en capital, et nécessité de diversifier sur plusieurs millésimes plutôt que de tout investir sur une seule levée de fonds.

Les Principaux Fonds de Private Equity Opérant en France

Le marché du private equity en France est dominé par quelques acteurs majeurs, tant français qu’internationaux.

Les fonds français de référence

  • Ardian : Le leader européen du private equity, fondé à Paris. Ardian gère plus de 150 milliards de dollars d’actifs à l’échelle mondiale.
  • Eurazeo : Coté en bourse, Eurazeo est l’un des rares fonds de private equity en France accessibles indirectement aux particuliers via l’achat d’actions.
  • PAI Partners : Spécialisé dans les grandes entreprises européennes, avec un fort ancrage en France.
  • Tikehau capital : Acteur de la dette privée et du private equity, également coté sur Euronext.
  • Idinvest partners (devenu Eurazeo Growth) : Pionnier du capital-risque en France.

Les fonds internationaux présents en France

Des géants mondiaux comme KKR, Blackstone, Carlyle et Apollo ont tous des équipes dédiées au marché du private equity en France. Ces acteurs interviennent principalement sur les grandes transactions (LBO de plus de 500 millions d’euros).

La coexistence de fonds locaux et internationaux crée une compétition saine qui bénéficie aux entreprises françaises cherchant des financements.

Private Equity vs Autres Types d’Investissement

Comprendre le private equity en France passe nécessairement par une comparaison avec les autres classes d’actifs disponibles pour un investisseur.

Comparaison des principales classes d’actifs

Classe d’actifsLiquiditéRendement potentielRisqueTicket minimum
Private equityTrès faibleÉlevé (10-15% /an)Élevé100 000 € et plus
Actions cotéesTrès élevéeMoyen (7-10% /an)Moyen à élevéQuelques euros
ObligationsÉlevéeFaible à moyen (2-5% /an)Faible à moyenVariable
ImmobilierFaibleMoyen (4-7% /an)Moyen50 000 € et plus
Fonds monétairesTrès élevéeTrès faible (2-3% /an)Très faibleVariable

La différence fondamentale entre le private equity et le share market (marché boursier) tient à la liquidité. Sur le marché boursier, vous pouvez vendre vos actions en quelques secondes. En private equity, votre capital est bloqué pendant plusieurs années — c’est la contrepartie de rendements potentiellement plus élevés.

L’immobilier partage avec le private equity cette caractéristique d’illiquidité, mais offre des rendements généralement plus modestes et une corrélation différente avec les cycles économiques.

Les Opportunités pour les Investisseurs Particuliers en France

Longtemps réservé aux institutionnels, le private equity en France s’ouvre progressivement aux investisseurs particuliers. Voici les principales portes d’entrée.

Les FCPR, FPCI et FCPI

La France dispose d’une gamme de véhicules réglementés spécialement conçus pour démocratiser l’accès au private equity en France :

  • FCPR (Fonds Commun de Placement à Risques) : Le véhicule le plus courant, accessible à partir de quelques milliers d’euros dans certains cas, avec un avantage fiscal sous conditions.
  • FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) : Réservé aux investisseurs avertis, avec un ticket minimum de 100 000 euros.
  • FCPI (Fonds Commun de Placement dans l’Innovation) : Orienté vers les PME innovantes françaises, avec une réduction d’impôt sur le revenu de 18 % du montant investi (dans la limite de certains plafonds).
  • FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) : Similaire au FCPI mais orienté vers des PME régionales.

L’assurance-vie

Plusieurs contrats d’assurance-vie en unités de compte permettent désormais d’accéder à des fonds de private equity en France. C’est une porte d’entrée intéressante pour les investisseurs débutants qui souhaitent s’exposer à cette classe d’actifs sans bloquer une somme importante en dehors de leur enveloppe fiscale.

Si vous débutez dans l’investissement, il peut être utile de commencer par des montants modestes — comme apprendre comment investir en bourse 1 000 euros — avant de vous engager dans des structures moins liquides.

Le crowdfunding equity

Des plateformes de crowdfunding comme Anaxago, Wiseed ou Tudigo permettent d’investir dans des PME non cotées avec des tickets à partir de 1 000 euros. Ce n’est pas du private equity institutionnel au sens strict, mais c’est une façon d’accéder à l’univers du capital-investissement en France avec des montants accessibles.

Vous pouvez lire notre Guide sur le Crowdfunding pour en savoir plus.

Les fonds cotés

Eurazeo et Tikehau Capital sont cotés sur Euronext Paris. Acheter leurs actions revient à s’exposer indirectement au private equity en France, avec la liquidité du marché boursier en prime. C’est souvent le meilleur point d’entrée pour un investisseur particulier qui veut comprendre le secteur avant de s’engager davantage.

Risques et Points de Vigilance du Private Equity

Le private equity en France offre des perspectives de rendement attractives, mais comporte des risques spécifiques qu’il faut comprendre avant d’investir.

Les risques principaux

  • Illiquidité : Votre capital est bloqué pendant cinq à dix ans. Si vous avez besoin de cet argent avant le terme, vous ne pouvez généralement pas le récupérer.
  • Risque de perte en capital : Contrairement à un livret bancaire, le capital n’est pas garanti. Si les entreprises du portefeuille échouent, vous pouvez perdre tout ou partie de votre investissement.
  • Risque de concentration : Un fonds de taille modeste peut être exposé à seulement dix à vingt entreprises. La défaillance d’une seule peut significativement affecter la performance globale.
  • Risque de valorisation : Les entreprises non cotées ne sont pas valorisées quotidiennement comme les actions en bourse. Les valorisations intermédiaires sont des estimations, pas des prix de marché.
  • Risque de gestionnaire : La performance dépend fortement de la qualité de l’équipe de gestion. Tous les fonds de private equity en France ne se valent pas.

Ce que vous devez vérifier avant d’investir

  1. Le track record du gestionnaire : Quelle est la performance historique du fonds sur ses millésimes précédents ?
  2. La stratégie d’investissement : Dans quels secteurs et à quel stade de développement intervient le fonds ?
  3. Les frais : Les fonds de private equity en France pratiquent généralement des frais de gestion annuels de 1,5 à 2 % et un carried interest (part des profits) de 20 %.
  4. La durée de blocage : Êtes-vous certain de ne pas avoir besoin de cette somme pendant la durée du fonds ?
  5. La diversification : Le private equity ne doit pas représenter plus de 10 à 20 % d’un portefeuille global pour un investisseur particulier.

À retenir : Le capital-investissement n’est pas une alternative aux placements liquides — c’est un complément pour les investisseurs qui ont déjà une base solide en actions cotées, immobilier et produits de taux.

Questions Fréquentes sur le Private Equity en France

Quel est le rendement moyen du private equity en France ?

Selon France Invest, les fonds de private equity en France ont délivré un rendement net annualisé moyen de 12,2 % sur dix ans (données 2022). Ce chiffre varie fortement selon le type de fonds : le capital-risque peut afficher des rendements bien supérieurs (ou des pertes importantes), tandis que les fonds de LBO sont généralement plus réguliers.

Peut-on investir en private equity en France avec peu de capital ?

Oui, mais avec des options limitées. Les FCPI et FIP permettent d’investir à partir de quelques milliers d’euros avec un avantage fiscal. Les plateformes de crowdfunding equity descendent à 1 000 euros. Les fonds cotés comme Eurazeo sont accessibles dès quelques dizaines d’euros. En revanche, les fonds institutionnels exigent généralement 100 000 euros minimum.

Le private equity est-il adapté à un investisseur débutant ?

Pour un investisseur débutant, le private equity en France est rarement le bon point de départ. L’illiquidité, la complexité des structures et les montants minimums élevés en font une classe d’actifs à aborder après avoir constitué une base solide. Les FCPI et les fonds cotés sont les exceptions — ils restent accessibles et pédagogiques.

Quelle est la fiscalité du private equity en France ?

La fiscalité dépend du véhicule utilisé. Les FCPI et FIP offrent une réduction d’impôt sur le revenu à l’entrée (18 % du montant investi) et une exonération des plus-values à la sortie après cinq ans de détention. Les FCPR bénéficient d’une exonération des plus-values sous conditions. Les investissements via assurance-vie suivent la fiscalité propre à ce contrat.

Comment choisir un fonds de private equity en France ?

Examinez d’abord le track record sur au moins deux ou trois millésimes précédents. Vérifiez la cohérence de la stratégie d’investissement, la solidité de l’équipe de gestion et la transparence des reportings. Consultez également les rapports de l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui supervise les fonds de capital-investissement en France.

Quelle est la différence entre private equity et venture capital en France ?

Le venture capital (capital-risque) est une sous-catégorie du private equity qui se concentre exclusivement sur les startups et les jeunes entreprises à fort potentiel de croissance. Le private equity au sens large couvre toutes les étapes de développement d’une entreprise non cotée.

En France, Station F, BpiFrance et de nombreux fonds spécialisés animent un écosystème de venture capital particulièrement dynamique.


Avertissement : cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Victoire Marceau Rédactrice Finance
Ancienne professionnelle de la finance et de la gestion de patrimoine, Victoire Marceau écrit sur l’investissement, la finance personnelle et la liberté financière moderne.
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