Moonfare a un positionnement clair sur le marché du Private Equity : le catalogue le plus large des plateformes accessibles aux particuliers, avec un vrai marché secondaire pour tenter de sortir avant terme.
Mais avant de parler frais ou performance, il y a un point qui doit être réglé en premier : Moonfare n’est pas accessible à tout le monde, même avec le capital nécessaire. On vous explique pourquoi, et pour qui cette plateforme a vraiment du sens.
Moonfare, en bref

Fondée en 2016 en Allemagne, Moonfare s’est développée à l’échelle européenne avec des équipes aujourd’hui présentes à Berlin, Londres, New York, Hong Kong, Singapour, Luxembourg, Paris et Zurich. Son ambition, depuis le départ : démocratiser l’accès aux plus grands fonds de Private Equity mondiaux, ceux qui appartiennent traditionnellement à l’univers institutionnel.
La plateforme revendique aujourd’hui plus de 110 fonds soigneusement sélectionnés, gérés par des maisons de tout premier plan : KKR, Apax Partners, EQT, Permira, The Carlyle Group, Warburg Pincus, Silver Lake Partners, Oakley Capital, Ardian, Foresite Capital, Lexington Partners. C’est, en nombre de fonds, le catalogue le plus étendu des trois grandes plateformes accessibles depuis la France.
Le point le plus important : l’éligibilité
C’est ce qui distingue fondamentalement Moonfare de Ramify et d’Altaroc : investir chez Moonfare ne dépend pas seulement de votre capital disponible, mais de votre statut réglementaire au sens de la directive européenne MiFID.
Pour être qualifié « investisseur professionnel », vous devez remplir au moins deux des trois critères suivants :
- Détenir un portefeuille financier supérieur à 500 000 €.
- Avoir réalisé des opérations significatives sur instruments financiers de manière régulière au cours des douze derniers mois (au moins dix transactions par trimestre en moyenne, sur des montants significatifs).
- Avoir travaillé au moins un an dans le secteur financier, sur un poste professionnel nécessitant une connaissance des investissements envisagés.
Concrètement, cela signifie qu’un particulier qui dispose de 150 000 € de liquidités mais ne coche aucun des deux autres critères ne peut pas, en théorie, souscrire chez Moonfare — même s’il a largement les moyens du ticket d’entrée. C’est un filtre réglementaire, pas un filtre patrimonial.
Ticket d’entrée et frais de Moonfare
Deux niveaux d’accès coexistent. Les fonds de fonds (comme Moonfare Growth I ou Moonfare Core II) sont accessibles à partir de 50 000 €. L’accès direct à un fonds individuel d’un gérant nommé (KKR, Permira, etc.) démarre à 100 000 €.
Côté frais, Moonfare prélève environ 1 % de frais d’entrée et 0,80 % de frais de gestion annuels sur la couche plateforme, en plus des frais propres à chaque fonds sous-jacent (gestion et carried interest, comme pour n’importe quel fonds de Private Equity classique, généralement de l’ordre de 2 % de frais de gestion et 20 % de carried interest au-delà d’un seuil de rendement).
Un reproche revient régulièrement dans les retours d’investisseurs sur des forums spécialisés : la difficulté à obtenir une vision claire et exhaustive de l’ensemble des frais avant de signer. Ce n’est pas que les frais soient cachés, mais qu’ils sont répartis sur plusieurs niveaux (plateforme, fonds, éventuellement marché secondaire), ce qui demande un effort de lecture sérieux de la documentation.
Le marché secondaire : un vrai différenciateur, à relativiser
Moonfare est la seule des trois plateformes à proposer un marché secondaire numérique organisé, en partenariat avec Lexington Partners. Deux fois par an, un système d’enchères ouvertes sur quatre semaines permet aux investisseurs de tenter de vendre leurs parts avant la fin du cycle de vie du fonds (dix à douze ans en moyenne).
En théorie, c’est un avantage réel face à l’illiquidité totale qu’on retrouve chez Ramify ou Altaroc. En pratique, il faut garder deux réserves en tête. D’abord, la vente se fait généralement avec une décote sur la valeur des parts : il n’y a aucune garantie de récupérer la valorisation affichée. Ensuite, chaque transaction entraîne des frais à la charge du vendeur, avec un minimum de 3 000 € ou 3 % du prix de vente, ce qui n’est pas négligeable sur une cession de taille modeste.
Ce que disent les avis
Les retours disponibles sur Moonfare sont plus rares et plus contrastés que sur Ramify. Sur Trustpilot, la plateforme affiche une note autour de 3,7 sur 5, sur un nombre d’avis encore limité, ce qui rend l’évaluation moins représentative statistiquement que pour des acteurs avec plusieurs centaines de retours.
Les utilisateurs qui ont investi via Moonfare, notamment sur des forums spécialisés en investissement alternatif, décrivent un processus de souscription propre et professionnel, mais soulignent aussi que la marge de négociation sur les frais est nulle, même pour des tickets significatifs.
Les points forts
Le catalogue de plus de 110 fonds est, de loin, le plus large des trois plateformes, ce qui permet une construction de portefeuille fine par gérant et par stratégie. Le marché secondaire, même imparfait, reste une option de sortie qui n’existe nulle part ailleurs sur ce marché. Et la présence de noms comme KKR, Permira ou Carlyle directement accessibles (pas seulement via un fonds de fonds) est un vrai argument pour un investisseur qui sait précisément quel gérant il veut cibler.
Les limites de Moonfare à connaître
Le filtre MiFID est la limite la plus structurante : elle exclut une partie des particuliers, y compris fortunés, qui ne rempliraient pas les critères d’expérience ou d’activité financière. Le ticket d’entrée, à 50 000 € minimum et 100 000 € pour un accès direct, reste élevé. La lisibilité des frais cumulés (plateforme + fonds sous-jacent) demande un travail de vérification sérieux avant de signer. Et malgré l’existence du marché secondaire, la liquidité réelle reste, comme pour tout le Private Equity, partielle et incertaine.
Notre avis
Moonfare a du sens pour un profil précis : un investisseur qui remplit les critères MiFID d’investisseur professionnel, dispose d’au moins 50 000 € à allouer sur le non coté, et veut un accès large à des gérants nommés plutôt qu’une sélection resserrée façon Altaroc. La présence d’un marché secondaire, même imparfait, est un argument réel pour qui s’inquiète de l’horizon de blocage à dix ans.
Si vous ne remplissez pas les critères MiFID, ou si votre capital est inférieur à 50 000 €, Moonfare n’est tout simplement pas une option, quelle que soit la qualité de son catalogue. Dans ce cas, Ramify reste la porte d’entrée la plus réaliste. Et si vous disposez de plus de 100 000 € sans chercher la largeur de catalogue, mais une sélection de conviction sur cinq à sept fonds, Altaroc répond à une logique différente, sans condition de statut.
Pour comprendre l’ensemble du paysage et la fiscalité applicable selon le véhicule choisi, notre guide complet sur le Private Equity en France pose les bases avant toute décision.
FAQ
Pourquoi faut-il un statut d’investisseur professionnel pour investir chez Moonfare ? Parce que les fonds proposés sont, à l’origine, réservés aux institutionnels. La directive MiFID impose à la plateforme de vérifier que le particulier dispose d’un niveau de connaissance ou d’expérience suffisant avant d’y accéder, via au moins deux critères sur trois (patrimoine financier, expérience professionnelle, fréquence d’opérations).
Quel est le ticket d’entrée minimum chez Moonfare ? 50 000 € pour les fonds de fonds (Moonfare Growth I, Moonfare Core II), et 100 000 € pour un accès direct à un fonds individuel d’un gérant nommé comme KKR ou Permira.
Peut-on revendre ses parts avant la fin du fonds chez Moonfare ? Oui, via le marché secondaire organisé deux fois par an, mais avec une décote possible sur le prix et des frais minimums de 3 000 € ou 3 % du montant de la vente à la charge du vendeur.
Quelle est la différence entre Moonfare et Altaroc ? Moonfare propose un catalogue large de plus de 110 fonds sans condition de patrimoine minimum particulière mais avec un filtre de statut MiFID, tandis qu’Altaroc impose un ticket de 100 000 € sans condition de statut, sur une sélection resserrée de cinq à sept fonds par millésime.
Les frais Moonfare sont-ils négociables ? Selon plusieurs retours d’investisseurs, non, même pour des tickets significatifs. Les frais de plateforme (environ 1 % d’entrée et 0,80 % de gestion annuelle) s’appliquent de manière standardisée.
Cet article a une vocation purement informative et ne constitue pas un conseil en investissement. Le Private Equity comporte un risque de perte en capital et une liquidité très limitée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.









